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L'EGLISE
L'époque de la fondation de la paroisse de Dornes est inconnue. Cependant, c'est à la fin du VIème siècle que la reine Brunehaut, reine de Bourgogne, fille d'un roi wisigoth, convertie au christianisme, fonde, à Autun, deux abbayes dont celle de Saint-Andoche. A cette dernière, un monastère de bénédictins, elle donne de nombreuses terres au nombre desquelles figure le territoire du Viry. On pense que ce sont ces moines qui l'ont défriché et se sont installés à Dornes, au lieu-dit actuel , domaine de La Motte.
A la fin de l'épopée mérovingienne, Autun connaït un désastre très important. Une bande armée de Sarrasins, montant par le Rhône, arrive jusqu'à la ville qui, est pillée, le 22 août 731. L'abbaye disparaît dans la tourmente.
Plusieurs décennies plus tard, le 20 mai 858, elle est relevée, pour des bénédictines, par Décie, soeur de Widrad, fondateur de l'abbaye de Flavigny. Pour distinguer cette seconde abbaye de la première, on la dénomme Sainte-Marie Saint-Andoche d'Autun. Pour la première fois dans un diplôme apparaît la mention du village : ... in pago Augustoduensi villa quae vocatur Dernaus... Puis quelques années plus tard, en 884, la charte de confirmation des biens de l'abbaye par Charles le Gros souligne la présence d'une chapelle et d'un prieuré : ...villa quae a nonnullis vocatur Dorna, sacrata in honore sancti Juliani martyris inclyti, cum capella et cella sibi subjecta...

L'église actuelle a été construite à la fin du XIIème siècle. On suppose que l'abbaye est à l'origine de son érection puisque les supérieures avaient le droit de présentation à la cure jusqu'à la Révolution.
Deux siècles s'écoulent sans laisser de traces. Au XVème siècle, au cours des guerres opposant le roi de France au duc de Bourgogne, la paroisse, un pauvre villaige et lieu champestre qui n'est clos ni fermé, vit ses heures les plus sombres. Au début du siècle, de fréquents affrontements entre compagnies se déroulent entre Loire et Allier. Dornes, qui est proche du bailliage de Saint-Pierre-le-Moûtier et de la ville de Moulins, n'est pas épargné. En 1414, la maison forte de Dornes est incendiée et rasée par les anglais. Quelques années auparavant, des compagnies anglo-navarraises avaient investi les lieux-forts de Beauvoir et de Montempuy d'où elles avaient été difficilement délogées. L'église de Dornes, dépouillée, reste en ruine pendant longtemps.
Puis, en 1480, la seigneurie, revenue à l'état de friche, est vendue aux deux frères Fouet, de riches bourgeois moulinois. Le fils de l'un d'eux, Thierry, dit le second, qui prendra le nom de Fouet de Dorne, fait faire d'importants travaux de restauration et d'aménagement dans l'église afin d'y établir une collégiale séculière (une des six existantes dans le Nivernais sous l'Ancien Régime). Pour assurer le service du chapitre, deux grandes chapelles sont ajoutées aux bras de la croisée, supprimant les culs-de-four primitifs ; le choeur est agrandi et terminé par une abside à pans coupés ; une sacristie est accolée au mur extérieur droit de l'édifice religieux. De l'ancienne église, il ne subsiste actuellement que le portail (XIIème) et les quatre masques (XIVème) du transept. Dans le même temps il fait jeter les premières fondations du château actuel.
Dans son testament du 5 juillet 1528, il fonde la collégiale et la dote de biens suffisants pour subvenir aux prébendes d'un doyen, en la personne du curé de la paroisse, et de cinq chanoines. Leur devoir était de prier journellement Dieu pour la famille de leur fondateur.
Le premier doyen de la collégiale a été François Manquat, décédé le 2 janvier 1552, dont l'inscription tumulaire est scellée sur la paroi gauche de la nef. Une seconde inscription, également du XVIème siècle, située dans la chapelle sud, atteste de la mort de Jehan Vézier, un des premiers chanoines, et de sa donation à la collégiale de ses deux maisons à Dornes.
De ce XVIème siècle nous sont parvenus aussi un retable en pierre polychromée, représentant une Vierge de Pitié (cl MH le 20 avril 1913), et les restes d�un monument funéraire en pierre (cl MH le 20 avril 1913). Ces deux objets concernent le même personnage : Thierry II Fouet de Dorne, chevalier, seigneur de Dorne, président de la Chambre des Comptes du duc de Bourgogne. Le lieu de son inhumation est inconnu mais on peut supposer que son corps a été déposé dans le caveau seigneurial situé, d'après la tradition, sous le choeur de l'église.
Le retable se situe dans la chapelle nord. Le seigneur est représenté agenouillé, dans le compartiment gauche, en compagnie de Saint-Christophe, tandis que dans celui de droite figure son épouse, Françoise GROSSIER assistée de Saint Jean-Baptiste. Leurs armes sont sculptées sur l'épaisseur du retable : celles du seigneur, écartelées aux 1 et 4 d'une bande frétée, et aux 2 et 3 de trois rocs d'échiquier ; celles de son épouse, en losange, portant un parti des mêmes armes et d'un coupé d'une croix recroisetée, et de six palmes posées en pal. D'après l'inventaire de 1810, ce retable ne figurait pas dans l'église au moment de son rachat par la commune.
Les restes du monument funéraire du même seigneur se trouvent dans la chapelle sud. Ils y ont été apportés lors de la construction du marché couvert de la commune (inauguré en 1948). Les pierres étaient auparavant scellées sur le mur mitoyen entre le jardin du presbytère et le Sacré-Coeur. A quelle période et pour quelle raison elles y furent transportées ? La réponse reste à trouver. Le monument funéraire était autrefois soit dans l'église, soit dans l'ancien cimetière qui l'entourait. Ce dernier a été translaté au lieu-dit, Les petits champs, en 1837.
Cette stèle comporte deux cartouches. Curieusement une seule inscription, celle du seigneur, y figure.
A la Révolution, à l'exemple de tant d'autres dans ce canton, l'église a été vendue à des particuliers. Elle était devenue inutile, la paroisse étant supprimée. Pour le culte, Dornes était alors rattachée à Saint-Germain-en-Viry (Saint-Germain-Chassenay). C'est ainsi que le 28 messidor an IV, elle est adjugée, pour la somme de 576 francs, aux citoyens Bernard Lhomme et Gabriel Leyraud l'aïné. Les cloches et les objets sacerdotaux, réquisitionnés par les commissaires du district, avaient déjà disparus, transformés en monnaie.
L'église reste vide, pendant quelques années, dans l'attente de sa transformation en hospice. Finalement elle servira d'entrepôt à vins et à bois jusqu'à son achat par la commune, le 27 mars 1810. Elle a été également une prison pendant les guerres d'Espagne (1807).
Depuis 1810, l'église a fait l'objet de très importants et nombreux travaux. Au XIXème siècle des premières restaurations sont entreprises pendant le ministère du curé Capaci (1816-1841). Elles seront suivies par des tentatives de stabilisation du clocher et des chapelles pendant celui du curé Martinet (1866-1879). C'est enfin le curé Courdavault (1910-1943) qui lui donnera, au début de ce siècle, son aspect intérieur actuel. L'ornementation, meubles et objets, a été acquise au cours des XIXème et XXème siècles.
Marie Martine LACOSTE

Mise à jour
22/10/2019